‹ Fables et poésiesChapitre 3 sur 355 · LE FIGUIER STÉRILE · texte numérisé non relu

LE FIGUIER STÉRILE

Vn jour, sur la montagne annonçant l'Évangiie Jésus fut surpris par la faim.

S*écarlant de la foule, il aperçut enfin Un figuier... un figuier stérile.

FABLEvS. iô

« Apprends, dit le Seigneur, apprends, liguicr maudit ,

Que tout arbre stérile est indigne de vivre ,

El qu'aux feux éternels il faut que je te livre... »

En tremblant aussitôt le figuier répondit :

« Révoquez, ô Seigneur, la fatale sentence !

Sur l'aride rocher je reçus l'existence ;

Je courbai mille fois mes rameaux agités

Sous le vent des hivers, sous le feu des étés :

Jamais une onde fécondante N'infiltra sous mes pieds une sève abondante;

Jamais la main du vigneron Ne détruisit la ronce attachée à mon front : Or, n'ayant rien reçu , que pouvais-je vous rendre ! »

II dit', alors, sans plus attendre, Jésus, de sa justice apaisant la rigueur. L'arrache et le transporte au pied de la montagne, Où , prospérant bientôt sur un sol producteur, 11 donna par milliers des fruits au voyageur.

Combien de parias que la honte accompagne , Sur le roc do malheur rameaux abandonnés . A végéter sans fruit semblent prédestinés ! Loin de les condamner au vent de l'anathème . De la manne des arts qui pleut sur vos élus . Riches , versez sur eux l'inefTable baptême : Cultivez-les, vos soins ne seront pas penlus.

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