LES GLANDS ET LES POTS
Un jour, un homme des plus sols, Dans des vases étroits, vulgairement des pois, Sema les fruits d'un vaste chêne, L'honneur de la forêt prochaine.
Il faisait, à part soi, ce beau raisonnement : « Si les plus tendres fleurs y viennent sans obstacle,
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Quelques arbres aussi, ce n'est pas un miracle,
Y grandiront s^surément. »
Qu'arrive-t-il? Bientôt, faute d'air et d'espace. La moitié sèche et meurt, le reste dépérit.
Le plus haut chêne ne dépasse Le plus humble rosier qui près de là fleurit. Un seul, favorisé par sa forte nature, Fait éclater le vase, impuissante ceinture, Et, plus tard, jusqu'aux cieux s'élance triomphant.
Trop souvent parmi nous on élève l'enfant Dans une sphère étroite, en un cercle étouffant. A se développer comme la tige est lente ! On perd, dans sa prison, la force et la beauté! Au corps, à l'âme, au cœur, ainsi qu'à toute plante. Frères, il faut l'espace, il faut la liberté!