‹ Fables et poésiesChapitre 229 sur 355 · A PIED ET EN VOITURE · texte numérisé non relu

A PIED ET EN VOITURE

A Paris, certain jour, par torrents il pleuvait ; Chaque rue était une mare.

31!2 LIVRE Xll.

Des liacres au galop la flie se suivait,

Et les cochers, battant leurs chevaux, criaient : Gare!

Quand les passants étaient dessous.

Un campagnard disait : « Ces conducteurs sont fous !

Je ne sais pas comment un liomme Peut frapper un cheval, pauvre béte de somme. Et du haut de son siège éclabousser les gens.

Coquins, quel démon vous possède?

Si la police avait de séVères agents, A de pareils abus on porterait remède. » Au coin d'un carrefour, i*an d'après, deux sergents Empoignaient un cocher brutal, impitoyable, Dont les maigres chevaux de coups étaient meurtris.

Dans ce bourreau, je reconnus, surpris LMionnéte campagnard, si franc, si raisonnable, Qui des autres blâmait la conduite blâmable.

Je l'avoùrai, dès ce moment.

Tout pouvoir à mes yeux perdit de son prestige.

Et je compris comment Tout homme qui s'élève est ^aisi de vertige. Par cet exemple instruit, je jurai fermement D'éviter le contact des puissants de la terre, D'aspirer aux douceurs d'une ère égalitaire.... Je le jurai.... Toujours j'ai tenu mon serment.

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