‹ Fables et poésiesChapitre 236 sur 355 · LES CHIENS ET LE LOUP · texte numérisé non relu

LES CHIENS ET LE LOUP

Les cliieiis s'étaient ligués pour sauver les moulons

De l'attaque des loups gloutons.

A cette dévorante race

Us faisaient une rude chasse.

Dire que ni moutons ni chiens ne périssaient, Ce serait faire un conte et non pas une histoire : Les plus forts, les plus gros tous les jours y passaient. Comme les loups trop cher payaient chaque victoire, Un des leurs, certain jour, endosse adroitement La dépouille d'un chien : sous ce déguisement, Dans les camps étrangers il pénètre aisément. Comme il parait loyal, qu'il est de hellc taille, On l'accueille au repas ainsi qu'à la bataille.

Mes amis, il vous en cuira D'avoir sur l'apparence admis un pareil hôte; Vous allez voir comment il vous écorchera...

Le drôle ne s'en lit pas faute.

Des inels les plus friands d'ai)ord il s'empara,

Et sut de la gamelle écarter les timides ;

Dans l'ombre il déchira de ses ongles perfides

l^es moutons, les agneaux à sa garde commis ;

Il fit un pacte infâme avec leurs ennemis.

Le traître, en prodiguant de feintes accolades,

Mordit jusques au vif ses nouveaux camarades.

L'un d'eux, qu'avait meurtri le mauvais garnement.

S'aperçut par hasard de son déguisement.

Et se mit à hurler... « Tais-toi, dirent les autres;

De nos dissensions les loups se tiendraient forts;

Des nôtres, avant tout, il faut cacher les torts...

— Mais, dit le chien mordu, ce n'est pas l'un des nôtres ;

C'est un loup, je vous jure, un véritable loup!... »

A ces mots, sur le monstre une meute s'élance ;

Il a l)eau faire résistance, Sous mille crocs vengeurs il tombe tout à coup.

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