‹ Fables et poésiesChapitre 25 sur 355 · ADARA CHASSÉ DU PARADIS · texte numérisé non relu

ADARA CHASSÉ DU PARADIS

Par une faute irréparable Perdons-nous une amante, un ami précieux , Quelque Ëden enchanté, séjour délicieux : Combien plus doux alors, combien plus ineiïal>le Brille dans nos regrets, dans notre souvenir, Ce bonheur envolé qui ne peut revenir!

Puni dans son orgueil par un arrêt suprême , Adam avait passé le seuil du paradis ,

Sainte oasis, lieux à lui-même , A sa postérité pour jamais interdits.

Avant de pénétrer dans la terre des larmes,

Il veut dire un dernier adieu

FABLE8. il

A ces Iwsquets remplis de charmes Donl i'a déshérité la Justice de Dieu.

II s'arrête, il regarde, et les mille merveilles Que d'un esprit distrait il voyait autrefois , Des trésors Infinis, des lueurs sans pareilles, Des ruisseaux murmurants, d'harmonieuses voi\ Éblouissent ses yeux, vibrent à ses oreilles... En revoyant ces biens, ce^ balsamiques fleurs , Ces gazons odorants et toutes les splendeurs * Dont il prive à jamais sa race malheureuse ,

Il pleure, accablé de remord , Et reprend sans retour la route douloureuse Qui conduit au travail , qui conduit h la morl.

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