‹ Fables et poésiesChapitre 26 sur 355 · L ENFANT ET LE CHIEN · texte numérisé non relu

L ENFANT ET LE CHIEN

Gabriel, l'écolier, l'espiègle personnage,

Et le gourmand surtout (on sait que de son âge

La gourmandise est le plus gros péché) , Dans une armoire, un jour, vit un gâteau caché.

LArnASRBADDIE. i

i2 LIVRE II.

Or, la tentation fut si forte, si forte,

Que d'une main furtive il entr'ouvrit ia porte ,

Et saisit le gâteau. Du frauduleux repas

Médor fut seul témoin : Médor ne dormait pas.

Il garda le silence , en âme charitable.

A quelque temps de là , flairant sur une tal)le

Un pain que par hasard on venait d'oublier,

Médor s'en régala sans se faire prier.

Gabriel l'aperçut : « Voleur abominable ,

Le bien que l'on dérobe est-ce donc notre bien?

— C'est parler en Caton , lui répondit le chien ;

Mais je n'ai pas perdu mémoire De certain gros gâteau pris dans certaine armoire.. Gabriel , tu rougis... Écoute, Gabriel , Veux-tu que tes conseils ne soient jamais frivoles?

Garde qu'à tes belles paroles Ta conduite ne donne un démenti formel... »

LES DEUX ORNIEAUX.

Sous un ormeau grand et robuste Était un jeune ormeau, frêle et chétif arbuste.

L'arbre géant lui dit : « J'ai su le proléger Contre l'assaul des vents et d'orages sans nombre;

Sous mes rameaux et sous mon ombre

Tu croîs à l'abri du danger.

Je dois, par tant de soins et tant de bienfaisance, Avoir acquis des droits à ta reconnaissance...

— Ah ! de votre feinte bonté

Osez-vous tirer vanité?

Dit en pleurant l'ormeau débile ; Vous fûtes un tuteur dévorant son pupille ,

Et vous avez de mes rameaux naissants Écarté du soleil les rayons caressants.

Vous avez absorbé ma sève; Vous m'avez étouffé sous vos traîtres abris ,

Et chaque jour je dépéris , Tandis que vers les cieux voire tige s'élève : Je crains plus vos bienfaits que les vents destructeurs. »

Méfions-nous, amis, de certains protecteurs.

ii MVRK 11.

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