‹ Fables et poésiesChapitre 39 sur 355 · LE HIBOU PROFESSEUR · texte numérisé non relu

LE HIBOU PROFESSEUR

Maître hibou , professeur éniéritc, Philosophe poudreux, vanté pour son mérite, Donnait sous un ormeau de savantes leçons. A l'envi chaque mère au docte personnage

Envoyait ses chers nourrissons.

En tout de nos pédants il adoptait l'usage. Il veut faire de Tûne un maestro Uni ,

Un rival de Tamburini ;

A demoiselle l'araignée

La poésie est enseignée ;

Le coq , émule de Jean Bart , Doit un jour, à travers les flots et la tenipèle Enrichir son pays de plus d'une conquête

El le cygne , nouveau Bavard.

Acquerra noblement dans les rangs de l'armée ,

La fortune et la renommée.

Leurs cours étant finis, les voilà tous classés Selon les plans divers imposés par le maître. Le baudet, sur la scène ayant osé paraître , Fila les sons moelleux que vous lui connaissez , Si bien qu'à coups de gaule on vous l'envoya paître L'insecte, pour forger de pitoyables vers, S'élant imprudemment mis la tête à l'envers.

Périt de honte et de misère ; Le coq mourut de peur sur un vaisseau de guerre ; Le cygne, au premier feu , désertant les drapeaux , Se sauva dans un lac, au milieu des roseaux. Eh bien î si , bravement abdiquant la routine , Le maître avait compris avec sagacité Leur instinct, leur penchant et leur capacité, Du moulin toujours l'àne eût porté la farine; Le coq loin de la mer eût montré sa valeur;

L'araignée eût tissé des toiles ; Le cygne sur la mer eût dirigé ses voiles, Et chacun dans sa sphère eût goûté le boiiheur...

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