‹ Fables et poésiesChapitre 49 sur 355 · LE CÈDRE DU LIBAN · texte numérisé non relu

LE CÈDRE DU LIBAN

Un cèdre rabougri, véritable avorlon,

D'un cèdre gigantesque indigne rejeton ,

Végétait au Liban , inconnu , solitaire.

Mais, rêvant les honneurs d'ttn rangliéréditaire.

L'orgueilleux se disait : « Si mon père autrefois

Orna de ses lambris les palais de nos rois ,

Je puis des temples saints enrichir les portiques ,

Ou , me transfigurant sous la main du sculpteur,

Déployer sur l'autel mes ailes séraphiques. »

Hélas! qu'il bâtissait un avenir menteur !

Bientôt, l'appréciant à sa juste valeur,

Le bûcheron armé sans pitié vint l'abattre,

Et jusqu'à la racine extirpa le crétin.

Il en fit des fagots qu'il porta dans son âtre ,

Où le cèdre expira, maudissant son destin.

Que du sang d'un héros naisse un lâche Thersite, Qu'un homme de génie enfante un ignorant ,

Au flis dégénéré donnera-t-on ie rang Que le plorieux père acquit par son mérite?

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