‹ Fables. IllustréesChapitre 110 sur 166 · LA SOURIS MÉTAMORPHOSÉE EN FILLE · texte numérisé non relu

LA SOURIS MÉTAMORPHOSÉE EN FILLE

Une souris tomba du bec d'un chat-liuanl :

Je ne l'eusse pas ramassée ; Mais un bramin le fit : je le crois aisément ;

Chaque pays a sa pensée.

La souris était fort froissée.

De cette sorte de procliain Nous nous soucions peu ; mais le peuple bramin

Le traite en frère. Ils ont en télé

Que notre àme, au sortir d'un roi, ILnlrc dans un ciron, ou dans telle autre béte Qu'il plait au Sort : c'est la l'un des points de leur loi. Pythagorc cher eux a puisé ce mystère.

Sur un tel fondement, le bramin crut bien faire De prier un sorcier qu'il logeât la souris Dans un corps qu'elle eut eu pour hole au temps jadis.

Le sorcier en fit une fille De l'âge de quinze ans, et telle et si gentille. Que le fils de Priim pour elle aurait tenté Plus encor qu'il ne fit pour la grecque beauté. Le bramin fut surpris de chose si nouvelle :

Il dit a cet objet si doux :

Vous n'avez qu'à choisir ; car chacun est jaloux

De l'honneur d'être votre époux.

En ce cas je donne, dit-elle.

Ma voix au plus puissant de tous.

Soleil, .s'écria lors le bramin a genoux,

C'est toi qui seras notre gendre.

Non, dit-il, ce nuage épais Est plus puissant que moi, puisqu'il cache mes traits ;

Je vous conseille de le prendre.

I le bien! dit le bramin au nuage volant,

fj^s-tu ne jjour ma fille ? — Plélas ! non ; car le vcnl Me chasse a son plaisir de contrée en contrée : }c n entreprendrai point sur les droits de Borée. Le bramin fâché s'écria :

O vent donc, puisque vent y a.

Viens dans les bras de notre belle !

II atcourait; un mont en chemin I arrêta.

1^'cteuf passant a celui-là, Il le renvoie, et dit : J'aurais une querelle

.A\ec le rat; et l'offenser Ce ierait être fou, lui qui peut me percer.

Au mot de rat, la damoiselle

Ouvrit loreille : il fut l'époux.

Un rat! un rat : c'est de ces coups

^■<-nm

mil

Page 1