LE THESAURISEUR ET LE SINGE
Un homme accumulait. On sait que cette erreur
Va souvent jusqu'à la fureur.
Celui-ci ne songeait que ducats et pistoles. Quand ces biens sont ossifs, je tiens qu'ils sont frivoles.
Pour sûreté de son trésor.
Notre avare liabitait un lieu dont Ampliiirite Défendait aux voleurs de toutes parts l'abord. Là, d une volupté selon moi fort petite. Et selon lui fort grande, il entassait toujours :
Il passait les nuits et les jours A compter, calculer, supputer sans relâche. Calculant, supputant, comptant comme à la tâche ; Car il trouvait toujours du mécompte à son fait. Un gros singe, plus sage, à mon sens, que son maître. Jetait quelque doublon toujours par la fenêtre.
Et rendait le compte imparfait :
La chambre, bien cadenassée.
Permettait de laisser l'argent sur le comptoir. Un beau jour dom Bertrand se mit dans la pensée D'en faire un sacrifice au liquide manoir.
Quant à moi, lorsque je compare Les plaisirs de ce singe à ceux de cet avare, je ne sais bonnement auxquels donner le prix : Dom Bertrand gagnerait près de certains esprits Les raisons en seraient trop longues a déduire. Un jour donc l'animal, qui ne songeait qu'à nuire. Détachait du monceau, tantôt quelque doublon.
Un jacobus, un ducaton.
Et puis quelque noble à la rose ; Eprouvait son adresse et sa force à jeter Ces morceaux de métal, qui se font souhaiter
Par les humains sur toute chose.
S'il n'avait entendu son compteur à la fin
Mettre la clef dans la serrure.
Les ducats auraient fous pris le même chemin,
Et couru la même aventure ; Il les aurait fait tous voler jusqu'au dernier Dans le gouffre enrichi par maint et maint naufrage. Dieu veuille préserver maint et maint financier
Qui n'en fait pas meilleur usage !
T-^BLES DE La FOMTJimE
Ljvj{e Dovzjème
Une jeune souris, de peu d'expérience,
Crut fléchir un vieux chat, implorant sa clémence.
Et payant de raison le Raminagrobis.
Laissez-moi vivre : une souris
De ma taille et de ma dépense
Est-elle à charge en ce logis ?
Affamerais-je, a votre avis,
L'hote et l'hôtesse, et tout le monde ?
D'un grain de blé je me nourris :
Une noix me rend toute ronde.
A présent je suis maigre ; attendez quelque temps : Réservez ce repas à messieurs vos enfants. Ainsi parlait au chat la souris attrapée.
L'autre lui dit : Tu t'es trompée :
Est-ce à moi que l'on tient de semblables discours ? Tu gagnerais autant de parler a des sourds. Chat, et vieux, pardonner ! cela n'arrive guères.
Selon ces lois, descends la-bas.
Meurs, et va-t-en, tout de ce pas.
Haranguer les sœurs f.landieres :
Mes enfants trouveront assez d'autres repas.
Il tint parole. Et pour ma fable, Voici le sens moral qui peut y convenir : La jeunesse se (lattt, et croit tout obtenir :
La vieillesse est impitoyable.