‹ Fables. IllustréesChapitre 15 sur 166 · L'ENFANT ET LE MAITRE DÉCOLE · texte numérisé non relu

L'ENFANT ET LE MAITRE DÉCOLE

Dans ce lécil je prétends faire voir D'un certain sot la remontrance vainc.

L'n jeune enfant dans l'eau se laissa clioir I.n badinant sur les bords de la Seine, Le Ciel permit qu'un faule se trouva, Dont le branchage, après Dieu, le rauva. S'etant pris, dis-je, aux branches de ce saule, Par cet endroit passe un maiîre d école ; L'cr.fant lui crie : Au secours ! je pcns ! Le magister, se tournant à ses cris, D un ton fort grave a contre-temps s avise De le tancer : Ah ! le petit babouin ! Voyez, dit-il, ou 1 a mis sa sottuc ! I',t puis, prenez de tels ln|)ons le soin ! Que les parents sont malheureux, qu'il faille Toujours veiller à temblablc canaille !

Qu'ils ont de maux ! et que je plains leur sort ! Ayant tout dit, il mil l'enfant a bord. Je blâme ici plus de gens qu'on ne pense. Tout babillard, tout censeur, tout pédant. Se peut connaître au discours que j'avance. Chacun des trois fait un peuple fort grand : Le Créateur en a béni l'engeance.

f:-n toute aff ure, ils ne font que songer

Au moyen d'exercer leur langue.

Eh ! mcn ami. tire-moi de danger ;

Tu feras, après, ta harangue.

Fables de La Fomtajme

Page 1