‹ Fables. IllustréesChapitre 16 sur 166 · ET LES MOUCHES A MIEL · texte numérisé non relu

ET LES MOUCHES A MIEL

A l'œuvre on connaît lartisan.

Quelques rayons de miel sans maître se trouvèrent ; Des frelons les réclamèrent ; Des abeilles s'opposant, Devant certaine guêpe on traduisit la cause. Il était malaisé de décider la chose : Les témoins déposaient qu'autour de ces rayons Des animaux ailés, bourdonnants, un peu longs. De couleur fort tannée, et tels que des abeilles. Avaient longtemps paru. Mais quoi ! dans les frelon

Ces enseignes étaient pareilles.

La guêpe, ne sachant que dire à ces raisons. Fit enquête nouvelle, et, pour plus de lumière.

Entendit une fourmilière.

Le point n'en put être éclairci.

De grâce, a quoi bon tout ceci ?

Dit une abeille fort prudente.

Depuis tantôt six mois que l'affaire est pendanto.

Nous voici comme aux premiers jours.

Pendant cela le miel se gâte.

Il est temps désormais que le juge se hâte :

N'a-t-il point assez léché l'ours ?

Sans tant de contredits, et d'interlocutoires.

Et de fatras, et de grimoires.

Travaillons, les frelons et nous :

On verra qui sait faire, avec un suc si doux.

Des cellules si bien bâties.

Le refus des frelons fit voir

Que cet art passait leur savoir ; Et la guêpe adjugea le miel à leurs parties. Plut à Dieu qu'on réglât ainsi tous les procès ! Que des Turcs en cela l'on suivit la méthode ! Le simple sens commun nous tiendrait lieu de code :

Il ne faudrait point tant de frais ;

Au lieu qu'on nous mange, on nous gruge ;

On nous mine par des longueurs ; On fait tant, a la fin, que l'huitre est pour le juge,

Les écailles pour les [)laideurs.

F.TBLE5 DE L 1 TOMTAIME

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