‹ Fables. IllustréesChapitre 62 sur 166 · LES OREILLES DU LIEVRE · texte numérisé non relu

LES OREILLES DU LIEVRE

Un animal cornu blessa de quelques coups

Le lion, qui, plein de courroux.

Pour ne plus tomber en la peine.

Bannit des lieux de son domaine Toute bête portant des cornes à son front. Chèvres, béliers, taureaux, aussitôt délogèrent ;

Daims et cerfs de climat changèrent :

Chacun à s'en aller fut prompt.

Un lièvre, apercevant l'ombre de ses oreilles,

Craignit que quelque inquisiteur N'allât interpréter à cornes leur longueur. Ne les soutint en tout à des cornes pareilles. Adieu, voisin grillon, dit-il ; je pars d'ici : Mes oreilles enfin seraient cornes aussi ; Et quand je les aurais plus courtes qu'une autruche, Je craindrais même encor. Le grillon repartit : Cornes cela ! Vous me prenez pour cruche I

Ce sont oreilles que Dieu fit.

On les fera passer pour cornes.

Dit l'animal craintif, et cornes de licornes. J'aurai beau protester ; mon direct mes raisons

Iront aux Petites-Maisons.

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