‹ Fables. IllustréesChapitre 67 sur 166 · LE SERPENT ET LA LIME · texte numérisé non relu

LE SERPENT ET LA LIME

On tomple qu un serpent, voisin d'un horloger (C'était pour l'horloger un mauvais voisinage). Entra dans sa boutique, et, cherchant à manger.

N'y rencontra pour tout potage Qu'une lime d'acier qu'il se mit à ronger. Cette lime lui dit, sans se mettre en colère : Pauvre ignorant ! et que prétends-tu faire ?

Tu te prends à plus dur que toi.

Petit serpent à tête folle :

Plutôt que d'emporter de moi

Seulement le quart d'une obole.

Tu te romprais toutes les dents.

Je ne crains que celles du temps.

Ceci s'adresse à vous, esprits du dernier ordre, Qui, n'étant bons à rien, cherchez sur tout à mordre,

Vous vous tourmentez vainement.

Croyez-vous que vos dents impriment leurs outrages

Sur tant de beaux ouvrages ?

Ils sont pour vous d'airam, d'acier, de diamant.

Tables de La Foi^taine

LirnE CmQmÈJHE

L'aigle et le chat-huant leurs querelles cessèrent,

Et firent tant qu'ils s'embrassèrent.

L'un jura foi de roi, l'autre foi de hibou Qu'ils ne se goberaient leurs petits peu ni prou. Connaissez-vous les miens ? dit l'oiseau de Minerve. Non, dit l'aigle. Tant pis, reprit le triste oiseau :

Je crams en ce cas pour leur peau ;

C'est hasard si je les conserve.

Comme vous êtes roi, vous ne considérez Qui m quoi : rois et dieux mettent, quoi qu'on leur die

Tout en même catégorie.

Adieu mes nourrissons, si vous les rencontrez. Peignez-les-moi, dit l'aigle, ou bien me les montrez ;

Je n'y toucherai de ma vie.

Le hibou repartit : Mes petits sont mignons. Beaux, bien faits, et jolis sur tous leurs compagnons : Vous les reconnaîtrez sans peine à cette marque. N'allez pas l'oublier ; retenez-la si bien

Que chez moi la maudite Parque

N'entre point par votre moyen.

Il advint qu'au hibou Dieu donna géniture ; De façon qu'un beau soir qu'il était en pâture,

Notre aigle aperçut, d'aventure.

Dans les coins d'une roche dure.

Ou dans les trous d'une masure

(Je ne sais pas lequel des deux).

De petits monstres for"l hideux.

Rechignes, un air triste, une voix de Mégère. Ces enfants ne sont pas, dit l'aigle, à notre ami, Croquons-les. Le galant n'en fit pas à demi : Ses repas ne sont point repas à la légère : Le hibou, de retour, ne trouve que les pieds De ses chers nourrissons, hélas ! pour toute chose. 11 se plaint ; et les dieux sont par lui suppliés De punir le brigand qui de son deuil est cause. Quelqu'un lui dit alors : N'en accuse que toi

Ou plutôt la commune loi

Qui veut qu'on trouve son semblable

Beau, bien fait, et sur tous aimable.

Tu fis de tes enfants à l'aigle ce portrait ;

En avaient-ils le moindre trait ?

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Tables vf. L.i Tomt.^ime

LirJiE Cinquième

*vi l 10 iv-

Tables de Lji Tot^tai-ne

LirnE Cinquième ~

Tables de La TomAmE

Lirj{E Cjmqvième

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