‹ Fables. IllustréesChapitre 7 sur 166 · LE LOUP ET L'AGNEAU · texte numérisé non relu

LE LOUP ET L'AGNEAU

La raison du plus fort est toujours la meilleure ; Nous Talions montrer tout à l'heure.

Un agneau se désaltérait Dans le courant d'une onde pure.

Un loup sur\ient à jeun, qui cherchait aventure,

Et que la faim en ces lieux attirait.

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?

Dit cet animal plein de rage :

Tu seras châtié de ta témérité.

Sire, répond l'agneau, que votre majesté Ne se mette pas en colère ; Mais plutôt qu'elle considère Que je me vas désaltérant

Dans le courant.

Plus de vingt pas au-dessous d'elle; Et que, par conséquent, en aucune façon,

Je ne puis troubler sa boisson.

Tu la troubles ! reprit cette béte cruelle ; Et je sais que de moi tu médis l'an passé. Comment l'aurai-je fait, si je n'étais pas né ? Reprit l'agneau ; je tette encor ma mère.

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère. — Je n'en ai point. — C'est donc quelqu'un des tiens ; Car vous ne m'épargnez guère.

Vous, vos bergers et vos chiens. On me l'a dit : il faut que je me venge. La-dessus, au fond des forêts Le loup l'emporte, et puis le mange, Sans autre forme de procès.

Tables de Za Fomtajme

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