LI VUE XII
Peudant que sous mes cheveux blancs Je fabrique à force de temps Des vers moius sensés que sa prose.
Les traits daus sa fable semés Ne sont eu l'ouvrage du poète Ni tous ui si bien exprimés :
Sa louange en est plus complète.
De la chauter sur la musette, C'est mon talent : mais je m'attends Que mon héros, dans peu de temps, Me fera prendre la trompette.
Je ne suis pas un grand prophète, Cependant je lis dans les cieux Que bientôt ses faits glorieux Demanderont plusieurs Homères; Et ce temps-ci n'en produit guères; Laissant à part tous ces mystères, Essayons de conter la fable avec succès.
Le renard dit au loup : Notre cher, pour tout mets J'ai souvent un vieux coq, ou de maigres poulets :
C'est une viande qui me lasse.
Tu fais meilleure chère avec moins de hasard : J'approche des maisons, tu te tiens à l'écart. Apprends-moi tou métier, camarade, de grâce ;
Rends-moi le premier de ma race
Qui fournisse son croc de qaelqne mouton gras :
Tu ae me mettras point an nombre des ingrats.
Je le veux, dit le loup ; il m'est mort un mien frère,
Allons prendre sa peau, tu t'en revêtiras.
Il vint; et Le loup dit: Voici comme il faut faire,
Si tu veuv écarter les mâtins du troupeau.
Le renard, ayant mis la peau, Répétoit les leçons que lui dounoit son maître. D'abord il s'y prit mal, puis un peumieux, puis bien,
Puis enfin il n'y manqua rien.
A peine il fut instruit autant qu'il pouvoit l'élre, Qu'un troupeau s'approcha. Le nouveau loupv court, Et répand la terreur dans les lieux d'alentour.
Tel, vêtu des armes d'Achille, Patrocle mit l'alarme au camp et dans la ville : Mères, brus, et vieillards, au temple couroieut tous. L'ost1 du peuple bêlant crut voir cinquante loups : Chien, berger, et troupeau, tout fuit vers le village. Et laisse seulement une brebis pour gage. Le larron s'en saisit. A quelques pas de là Il entendit chanter un coq du voisinage. Le disciple aussitôt droit au coq s'en alla,
Jetant bas sa robe de classe, Oubliant les brebis, les leçons, le régent,
Et courant d'un pas diligent.
1 L'aimée,