‹ Fables (volume 2)Chapitre 21 sur 193 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

Plus d'uue fuis, essuyant les daugers Des pirates, des vents, du calme et des rochers,

Ministres de la mort : avec beaucoup de peines On s'en va la chercher eu des rives lointaines! La trouvant assez tôt sans quitter la maison. L'homme arrive au Mogol : on lui dit qu'au Japon La Fortune pour lors distribuoit ses grâces.

Il y court. Les mers étoient lasses

De le porter ; et tout le fruit

Qu'il tira de ses longs voyages , Ce fut cette leçon que donnent les sauvages : Demeure en ton pays, par la nature instruit. Le Japon ne fut pas plus heureux à cet homme

Que le Mogol l'avoit été :

Ce qui lui ht conclure en somme , Qu'il avoit à grand tort son village quitté.

Il renonce aux courses ingrates , Revient en son pays, voit de loin ses péuates, Pleure de joie, et dit : Heureux qui vit chez soi, De régler ses désirs faisant tout son emploi !

Il ne sait que par ouï dire Ce que c'est que la cour, la mer, et ton empire , Fortune , qui nous fais passer devant les yeux Des dignités , des biens que jusqu'au bout du monde On suit , sans que l'effet aux promesses réponde. Désormais je ne bouge, et ferai ceut fois mieux.

Eu raisonnant de cette sorte, Et contre la Fortune ayant pris ce conseil,

Il la trouve assise à la porte De son ami plonge daiis un profond sommeil.

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FABLE XIII

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