‹ Fables (volume 2)Chapitre 94 sur 193 · LE BERGER ET SON TROUPEAU · texte numérisé non relu

LE BERGER ET SON TROUPEAU

Quoi! toujours il me manquera Quelqu'un de ce peuple imbécile !

1 Voyez Ovide, Mélamorph., VI, 13.

Toujours le loup m'en gobera !

.T'aurai beau les compter! Ils étoient plus de mille. Et m'ont laissé ravir notre pauvre Robin'!

Robin mouton, qui par la ville

Me suivoit pour uu peu de pain, Et qui m'auroit suivi jusques au bout du momie ! Hélas! de ma musette il euteudoit le son ; Il me sentoit venir de cent pas à la ronde.

Ab ! le pauvre Robin mouton !

Quand Guillot2 eut fini cette oraison funèbre. Et rendu de Robin la mémoire célèbre,

Il harangua tout le troupeau, Lescbefs, la multitude, etjusqu'aumoindre agneau.

Les conjurant de tenir ferme :

Cela seul suffiroit pour écarter les Loups. Foi de peuple d'honneur, ils lui promirent ton;

De ne bouger non plus qu'un terme.

Nous voulons, dirent-ils, étouffer le glouton

Qui nous a pris Robin mouton.

Chacuu en répond sur sa tête.

Guillot les crut, et leur fit fête.

Cependant, devant qu'il fût nuit,

1 Dans Rabelais, le Marchand dit à Paniujc: « Vous <• avez nom Robin-Mouton. Vovez ce mouton-là , il lia • nom Robin comme vous, i Pantagruel, livre IV, ch. vi, t. H, p. 15.

2 Dans la fa'de m du livre III, le berjer porte aussi le nom de Guillot.

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