‹ Fables (volume 3)Chapitre 11 sur 54 · LIVRE VIII, FABLE XXIV · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, FABLE XXIV

Laridon négligé témoignoit sa tendresse

A Tobjet le premierpassant.

Il peupla tout de son engeance :

Tourne-broches par lui rendus communs en France Y font un corps à part , gens fuyant les hasards ,

Peuple antipode des Césars.

On ne suit pas toujours ses aïeux ni son père :

Le peu de soin, le temps, tout fait qu'on dégénère.

Faute de cultiver la nature et ses dons ,

Oh ! combien de Césars deviendront Laridons !

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Les deux Chiens et TAiie mort.*

Les vertus devroient être sœurs ,

Ainsi que les vices sont frères.

Dès que l'un de ceux-ci s'empara de nos cœurs , Tous viennent à la file ; il ne s'en manque guères : J'entends de ceux qui , n'étant pas contraires ,

Peuvent loger sous même toit.

A l'égard des vertus , rarement on les voit Toutes en un sujet éminemment placées Se tenir par la main sans être dispersées. L'un est vaillant, mais prompt; l'autre est prudent, mais froid. Parmi les animaux le chien se pique d'être

Soigneux , et fidèle à son maître ;

Mais il est sot , il est gourmand :

Témoin ces deux mâtins qui , dans l'éloignement , Virent un âne mort qui flottoit sur les ondes.

* i£sop / ihD , Canes faniclici. — Lokman , lex loups.

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