‹ Fables (volume 3)Chapitre 24 sur 54 · A M*^" LE DUC DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

A M*^" LE DUC DE BOURGOGNE

Monseigneur ,

^^B ne puis employer, pour mes fables, de pro- ^ tection qui me soit plus glorieuse que la vôtre. ^ Ce goût exquis et ce jugement si solide que vous faites parottre dans toutes choses au-delà d*un ^' âge où à peine les autres princes sont-ils touchés de ce qui les environne avec le plus d'éclat ; tout cela , joint au devoir de vous obéir et à la passion de vous plaire , m*a obligé de vous présenter un ouvrage dont Toriginal a été l'admiration de tous les siècles , aussi bien que celle de tous les sages. Vous m'avez même ordonné de continuer; et , si vous me permettez de le dire Jl y a des sujets dont je vous suis redevable , et où vous avez jeté des grâces qui ont été admirées de tout le monde. Nous n'avons plus besoin de consulter ni Apollon ni les Muses, ni aucune des divinités du Parnasse : elles se rencontrent toutes dans les présents que vous a faits la nature > et dans cette science de bien juger les ouvrages de l'esprit , à quoi vous joignez déjà celle de connottre toutes les règles qui y conviennent. Les fables d'Ésope sont une ample matière pour ces talents ; elles embrassent toutes sortes d'événements et de caractères. Ces mensonges sont proprement une manière d'histoire où on ne flatte personne. Ce ne sont pas choses

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