ET BAUCIS
Sous l'appui d'an grand nom , passer ces aventares. , Vendôme, consentez an los que j'en attends; Faites-moi triompher de l'Envie et du Temps : Enchafuez ces démons, que sur nous ils n'attentent, Ennemis des héros et de ceux qui les chantent. Je Youdrois pouvoir dire en un style assez haut Qu'ayant mille vertus vous n'avez nul défauC. Toutes les célébrer seroit œuvre infinie ; L'entreprise demande un plus vaste génie : Car quel mérite enfin ne vous fait estimer? Sans parler de celui qui force à vous aimer. Vous joignez à ces dons l'amour des beaux ouvrages ; Vous y joignez un goût plus sûr que nos suffrages; Don du ciel , qui peut seul tenir lieu des présents Que nous font à regret le travail et les ans. Peu de gens élevés, peu d'autres encor même, Font voir par ces faveurs que Jupiter les aime. Si quelque enfant des dieux les possède , c'est vous ; Je l'ose dans ces vers soutenir devant tous. Clio , sur son giron , à l'exemple d'Homère , Vient de les retoucher, attentive à vous plaire : On dit qu'elle et ses sœurs , par l'ordre d'Apollon , Transportent dans Anet tout le sacré vallon : Je le crois. Puissions-nous chanter sous les ombrages Des arbres dont ce lieu va border ses rivages I Puissent-ils tout d'un coup élever leurs sourcils , Comme on vit autrefois Philémon et Baucis.
LA
MATRONE D'ÉPHESE
SMI est QD coote nsé , comman et rebattu ,
C'est celui qu'en ces vers j*acconiinode à ma guise.
£t pourquoi donc le choisis-tu?
Qui t'engage à cette entreprise ?
N'a-t-elle point déjà produit assez d'écrits?
Quelle grâce aura ta matrone ,
Au prix de celle de Pétrone ?
Comment la rendras-tu nouvelle à nos esprits? Sans répondre aux censeurs , car c'est chose infinie , Voyons si dans mes vers je l'aurai rajeunie/
Dans Éphèse il fut autrefois Une dame en sagesse et vertu sans égale ,
Et , selon la commune voix , Ayant su raffiner sur l'amour conjugale. Il n'étoit bruit que d'elle et de sa chasteté ;
On l'alloit voir par rareté ; C'étoit l'honneur du sexe : heureuse sa patrie I Chaque mère à sa bru l'alléguoit pour patron ; Chaque époux la prônoit à sa femme chérie :
LA MATRONE DÉPHÈSE. 279
IVelle descendent ceux de la Prudoterie ,
Antique et célèbre maison.
Son mari l'aimoit d'amour folle.
Il mourut. De dire comment ,
Ce seroit un détail frivole.
Il mourut ; et son testament N'étoit plein que de legs qui Fauroient consolée , Si les biens réparoient la perte d'un mari
Amoureux autant que chéri.
Mainte veuve pourtant fait la déchevelée , Qui n'abandonne pas le soin du demeurant, Et du bien qu'elle aura fait le compte en pleurant. Celle-ci par ses cris mettoit tout en alarme ,
Celle-ci faisoit un vacarme , Un bruit , et des regrets à percer tous les cœurs ;
Bien qu'on sache qu'en ces malheurs , De quelque désespoir qu'une ame soit atteinte, La douleur est toujours moins forte que la plainte : Toujours un peu de faste entre parmi les pleurs. Chacun fit son devoir de dire à l'affligée Que tout a sa mesure , et que de tels regrets
Pourroient pécher par leur excès :
Chacun rendit par-là sa douleur rengrégée. Enfin ne voulant plus jouir de la clarté
Que son époux avoit perdue, Elle entre dans sa tombe , en ferme volonté D'accompagner cette ombre aux enfers descendue. Et voyez ce que peut l'excessive amitié (Ce mouvement aussi va jusqu'à la folie) , Une esclave en ce lieu la suivit par pitié,