‹ Fables (volume 3)Chapitre 39 sur 54 · D'ÉPHÈSE · texte numérisé non relu

D'ÉPHÈSE

Si la doalear doit s'exprimer si bien.

Encore an antre mort faisoit sa résidence Non loin de ce tombeau, mais bien différemment ,

Car il n*avoit pour monument

Que le dessous d'une potence :

Pour exemple aux voleurs on l'avoit là laissé.

Un soldat bien récompensé

Le gardoit avec vigilance.

Il étoit dit par ordonnance Que si d'autres voleurs, un parent, un ami , L'enlevoient, le soldat, nonchalant, endormi,

Rempliroit aussitôt sa place.

C'étoit trop de sévérité :

Mais la publique utilité Défendoit que l'on fît au garde aucune grâce. Pendant la nuit il vit aux fentes du tombeau Briller quelque clarté , spectacle assez nouveau. Curieux, il y court, entend de loin la dame

Remplissant l'air de ses clameurs, n entre , est étonné , demande à cette femme

Pourquoi ces cris, pourquoi ces pleurs.

Pourquoi cette triste musique, Pourquoi cette maison noire et mélancolique. Occupée à ses pleurs, à peine elle entendit

Toutes ces demandes frivoles.

Le mort pour elle y répondit :

Cet objet , sans autres paroles,

Disoit assez par quel malheur La dame s'enterroit ainsi toute vivante. Nous avons fait serment, ajouta la suivante ,

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