‹ Fables (volume 3)Chapitre 8 sur 54 · LIVRE VIII, FABLE XVIH · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, FABLE XVIH

Quand les loups livroient des combats.

Le berger s'en défait ; il prend trois chiens de taille A lui dépenser moins, mais à fuir la bataille. Le troupeau s'en sentit ; et tu te sentiras Du choix de semblable canaille.

Si tu fais bien , tu reviendras à moi. Le Grec le crut.

Ceci montre aux provinces Que , tout compté , mieux vaut en bonne foi S'abandonner à quelque puissant roi, Que s'appuyer de plusieurs petits princes.

L'Avaulage de la Scieoce.*

Entre deux bourgeois d'une ville

S'émut jadis un différend :

L'un étoit pauvre , mais habile ;

L'autre , riche , mais ignorant.

Celtti-^i sur son concurrent

Youloit emporter l'avantage ;

Prétendoit que tout homme sage

Étoit tenu de l'honorer.

C'étoit tout homme sot : car pourquoi révérer

Des biens dépourvus de mérite ?

La raison m'en semble petite.

Mon ami , disoit-il souvent Au savant,

Vous vous croyez considérable ;

Mais , dites-moi , tenez-vous table ?

Que sert à vos pareils de lire incessamment ?

* Ahi»teiniu», i i:>, de Viro liivite illUUrnto, et Inopc docio.

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Ils sont toujours logés à la troisième chambre, Vêtus au mois de juin comme au mois de décembre , Ayant pour tout laquais leur ombre seulement.

La république a bien affaire

De gens qui ne dépensent rien I

Je ne sais d'homme nécessaire Que celui dont le luxe épand beaucoup de bien. Nous en usons , Dieu sait I notre plaisir occupe L'artisan, le yepdeur, celui qui fait la jupe , Et celle qui la porte, et yous, qui dédiez

A messieurs les gens de finance

De méchants livres bien payés.

Ces mots remplis d'impertinence

Eurent le sort qu'ils méritoient.

L'homme lettré se tut, il avoit trop à dire. La guerre le vengea bien mieux qu'une satire. Mars détruisit le lieu que nos gens habitoient :

L'un et l'autre quitta sa ville.

L'ignorant resta sans asile ;

II reçut partout des mépris :

L'autre reçut partout quelque faveur nouvelle.

Cela décida leur querelle.

Laissez dire les sots : le savoir a son prix.

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Jupiter et les Tonnerres.

Jupiter, voyant nos fautes , Dit un jour, du haut des airs :

Remplissons de nouveaux hôtes Les cantons de Tunivers Habités par cette race Qui m'importune et me lasse.

Va-t'en, Mercure, aux enfers :

Àmène-moi la Furie La plus cruelle des trois.

Race que j'ai trop chérie , Tu périras cette fois !

Jupiter ne tarda guère A modérer son transport.

0 vous, rois, qu'il voulut faire Arbitres de notre sort« Laissez, entre la colère Et l'orage qui la suit , L'intervalle d'une nuit.

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