‹ Fables (volume 4)Chapitre 105 sur 149 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

Nous laissons nos chères conipa(>ues ; Nous ne conversons plus qu'avec des ours affreux, Décourages de mettre au jour des malheureux, Kt de peupler pour Rome un pays qu'elle opprime.

Quant à nos enfants déjà nés, Nous souhaitons de voir leurs jours bientôt bornés : Vos préteurs au malheur nous font joindre le crime. Retirez-les : ils ne nous apprendront

Que la mollesse et que le vice ;

Les Germains comme eux deviendront

Gens de rapine et d'avarice.

C'est tout ce que j'ai vu dans Rome à mon abord.

N'a-t-on point de présent à faire, Point de pourpre à donner, c'est en vain qu'on espère Quelque refuge aux lois : encor leur ministère A-t-il mille longueurs. Ce discours un peu fort

Doit commencer à vous déplaire.

Je finis. Punissez de mort

Une plainte un peu trop sincère. A ces mots, il se couche ; et chacun étonné Admire le grand cœur, le bon sens, l'éloquence

Du sauvage ainsi prosterné.

On le créa patrice ^ ; et ce fut la vengeance Qu'on crut qu'un tel discours méritoit. On choisit

» C'est-à-dire on le fit noble ou patricien ; car la dignité de patrice est postérieure à Marc-Aurèle, et fut créée par Constantin. ]Mais on trouve dans Suétone le mot patritiahis. (W.)

D'autres préteurs ; et par écrit Le sénat demanda ce qu'avoit dit cet homme, Pour servir de modèle aux parleurs ù venir.

Oii ne sut pas longtemps à Rome

Cette élofjuence entretenir.

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FABLE VI F J

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