‹ Fables (volume 4)Chapitre 130 sur 149 · LE RENARD, LES MOUCHES, ET LE HÉRISSON · texte numérisé non relu

LE RENARD, LES MOUCHES, ET LE HÉRISSON

Aux traces de son sang un vieux hôte des bois,

Renard fin, subtil, et matois, Blessé par des chasseurs, et tombé dans la fange , Autrefois attira ce parasite ailé

Que nous avons mouche appelé.

Il accusoit les dieux, et trouvoit fort étrange

Ce poète assure en son histoire Qu'nn rire inextinguible en l'Olympe éclata.

Petit ni prand n'y résista, Ouand Vulcain, clopinant, lui vint donner à boire. Que le peuple immortel fut assez grave ou non, J'ai changé mon sujet avec juste raison.

» Des éclats de rire. Ellipse.

Que le sort à tel point le voulut affliger,

Et le fit aux mouches manger.

Quoi ! se jeter siir moi , sur moi le plus habile

De tous les hôtes des forets !

Depuis quand les renards sont-ils un si bon mets? Et que me sert ma queue? est-ce un poids inutile? Va, le ciel te confonde, animal importun !

Que ne vis-tu sur le commun !

Un hérisson du voisinage ,

Dans mes vers nouveau personnage, Voulut le délivrer de l'importunité

Du peuple plein d'avidité :

Je les vais de mes dards enfiler par centaines , Voisin renard, dit-il, et terminer tes peines. Garde-t'en bien, dit l'autre, ami, ne le fais pas. Laisse-les , je te prie , achever leur repas. Ces animaux sont soûls ; une troupe nouvelle Viendroit fondre sur moi , plus âpre et plus cruelle.

Nous ne trouvons que trop de mangeurs ici-bas : Ceux-ci sont courtisans , ceux-là sont magistrats. Aristote appliquoit cet apologue aux hommes.

Les exemples en sont communs ,

Surtout au pays où nous sommes.

Plus telles gens sont pleins, moins ils sont importuns ^ .

' Var. La Fontaine avoit d'abord composij cette fable autrement; on a retrouvé le brouillon de cette première

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