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LE SOLEIL ET LES GRENOUILLES

Les iiUes du limon tiroient du roi des astres

Assistance et protection :

Guerre ni pauvreté, ni semblables désastres, Ne pouvoient approcher de cette nation ; Elle faisoit valoir en cent lieux son empire. Les reines des étangs, grenouilles veux-je dire, (Car que coûte-t-il d'appeler Les choses par noms honorables?) Contre leur bienfaiteur osèrent cabaler,

Et devinrent insupportables.

L'imprudence, l'orgueil, et l'oubli des bienfaits.

Enfants de la bonne fortune, Firent bientôt crier cette troupe imjjortune : On ne pouvoit dormir en paix.

Si l'on eut cru leur murmure.

Elles auroient, par leurs cris.

Soulevé grands et petits Contre l'œil de la Nature.

ï Cette fable est alléf^orique ; elle fait allusion aux démél;;s des IJolIandois avec Louis XIV. Ce monarque avoit pris pour emblème le soleil.

272 FABLKS.

Le soleil, à leur dire, alloit tout cousuniei-; Il falloit promptement s'armer, Et lever des troupes puissantes.

Aussitôt qu'il faisoit un pas.

Ambassades coassantes

Alloient dans tous les États :

A les ouïr, tout le monde.

Toute la machine ronde

Rouloit sur les intérêts

De quatre méchants marais.

Cette plainte téméraire

Dure toujours; et pourtant

Grenouilles doivent se taire,

Et ne murnnu'er pas tant:

Car si le soleil se pique,

Il le leur fera sentir ;

La répidîlique aquatique

Pourroit bien s'en repentir.

FABLE XXV

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