‹ Fables (volume 4)Chapitre 32 sur 149 · LE LION, LE LOUP, ET LE RENARD · texte numérisé non relu

LE LION, LE LOUP, ET LE RENARD

Un lion , décrépit , goutteux , n'en pouvant plus , Vouloit que l'on trouvât remède à la vieillesse. Alléguer l'impossible aux rois, c'est un abus. Celui-ci parmi chaque espèce n. 4

Manda des médecins : il en est de tous arts K

Médecins au lion viennent de toutes parts ;

De tous côtés lui vient des donneurs de recettes.

Dans les visites qui sont faites Le renard se dispense , et se tient clos et coi. Le loup en fait sa cour, daube , au coucher du roi, Son camarade absent. Le prince tout à l'heure Veut qu'on aille enfumer renard dans sa demeure ; Qu'on le fasse venir. Il vient, est présenté ; Et sachant que le loup lui faisoit cette affaire : Je crains, sire, dit-il, qu'un rapport peu sincère

Ne m'ait à mépris imputé

D'avoir différé cet homma{je ;

Mais j'étois en pèlerinage, Et m'acquittois d'un vœu fait pour votre santé.

Même j'ai vu dans mon voyage Gens experts et savants; leur ai dit la langueur Dont votre majesté craint à bon droit la suite.

Vous ne manquez que de chaleur.

Le long âge en vous l'a détruite :

D'un loup écorché vif appliquez-vous la peau

Toute chaude et toute fumante :

' C'est-à-dire de toutes les professions et de toutes les classes. Du temps de La Fontaine, les bateleurs, vendeurs de baume et de spécifiques, et les charlatans de tous les frenres, étoient encore plus nombreux qu'aujourd'hui, et, vu l'ignorance et le pédantisme des médecins, ils obtenoient encore plus de crédit. ( W.)

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