LIVRE VIII
Le secret sans doute en est beau Pour la nature défaillante.
INIessire loup vous servira, S'il vous plaît, de robe de chambre.
Le roi goûte cet avis-là.
On écorche, on taille, ou démembre Messire loup. Le monarque en soupa.
Et de sa peau s'enveloppa.
Messieurs les courtisans, cessez de vous détruire; Faites, si vous pouvez, votre cour sans vous nuire ; Le mal se rend chez vous au quadruple du bien. Les daubeurs ont leur tour d'une ou d'autre manière.
Vous êtes dans une carrière
Oh l'on ne se pardonne rien.
FABLE IV
A M. DE BAIULLON ^
La qualité d'ambassadeur Peut-elle s'abaisser à des contes vulgaires?
ï Ambassadeur en Angleterre, ami de notre pocte, de madame de Sévigné, de madan.e de Grignan, et de madame de Co.ilanfTe.
Vous puîs-je offrir mes vers et leurs grâces légères ? S'ils osent quelquefois prendre un air de grandeur, Seront-ils point traités par vous de téméraires?
Vous avez bien d'autres affaires
A démêler que les débats
Du lapin et de la belette.
Lisez-les ; ne les lisez pas :
Mais empêchez qu'on ne nous mette
Toute l'Europe sur les bras.
Que de mille endroits de la terre
Il nous vienne des ennemis,
J'y consens; mais que l'Angleterre Veuille que nos deux rois se lassent d'être amis,
J'ai peine à digérer la chose IS'est-il point encor temps que Louis se repose^? Quel autre Hercule enfin ne se trouveroit las De combattre cette hydre? et faut-il qu'elle oppose Une nouvelle tête aux efforts de son bras?
Si votre esprit plein de souplesse,
Par éloquence et par adresse, Peut adoucir les cœurs et détourner ce coup^. Je vous sacrifierai cent moutons : c'est beaucoup
1 Le parlement d'Angleterre s'opposoit à ce que Charles favorisât la France.
* On négocioit alors à Nimègue pour la paix.
3 Le parlement d'Angleterre vouloit qu'en cas que Louis XIV ne consentît pas à faire la paix avec les alliés, Charles II se joignît à eux pour faire la guerre à la France.