‹ Fables (volume 4)Chapitre 41 sur 149 · LES DEUX AMIS · texte numérisé non relu

LES DEUX AMIS

Deux vrais amis vivoient au Monomotapa ; L'un ne possédoit rien qui n'appartînt à l'aulre.

Les amis de ce pays-là

Valent bien, dit-on, ceux du nôtre.

Une nuit que chacun s'occupoit au sommeil, Et mettoit à profit l'absence du soleil. Un de nos deux amis sort du lit en alarme; Il court chez sou intime, éveille les valets : Morphée avoit touché le seuil de ce palais. L'ami couché s'étonne ; il prend sa bourse, il s'arme, Vient trouver l'autre, et dit : Il vous arrive peu De courir quand on dort ; vous me paroissiez homme A mieux user du temps destiné pour le somme : ]N'auriez-vous point perdu tout votre argent au jeu? En voici. S'il vous est venu quelque querelle, J'ai mon épée ; allons. Vous ennuyez-vous point De coucher toujours seul? une esclave assez belle Eloit à mes côtés : voulez-vous qu'on l'appelle? Non, dit l'ami, ce n'est ni l'un ni l'autre poiu . u. ù

Page 1