LES DEUX PIGEONS
Deux pigeons s'aimoient d'amour tendre : L'un d'eux, s'ennuyant au logis, Fut assez fou pour entreprendre
Livni: IX. 107
rjii voya^je eu lointain })ays.
L'autre lui dit ; Qu allez-vous faire?
Voulez-vous quitter votre frère?
L'absence est le plus grand des maux:
IN on pas pour vous, cruel ! Au moins, que les travaux,
Les dangers, les soins du voyage,
Changent un peu votre courage^.
Encor, si la saison s'avançoit davantage ! Attendez les zéphyrs : qui vous presse ? un corbeau Tout à l'heure annonçoit malheur à (pielque oiseau. Je ne songerai plus que rencontre funeste. Que faucons, que réseaux. Hélas ! dirai-je , il pU iil :
Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut,
Bon soupé, bon gîte, et le reste?
Ce discours ébranla le cœur
De notre imprudent voyageur :
Mais le désir de voir et l'humeur inquiète L'emportèrent enfin. Il dit : Ne pleurez point; Trois jours au plus rendront mon ame satisfaite : Je reviendrai dans peu conter de point en point
JNIes aventures à mon frère ; Je le désennuierai. Quiconque ne voit guère iN'a guère à dire aussi. Mon voyage dépeint
Vous sera d'un plaisir extrême.
Je dirai : J'étois là; telle cliose m'avint:
» Phrase elliptique , pour dire : Affoiblisss votre courage au point de vous faire chan{;er de résolution.