‹ Fables (volume 4)Chapitre 57 sur 149 · F AD LES · texte numérisé non relu

F AD LES

Vous y croira/ être vous-même.

A ces mots, eu pleuraut, ils se direut adieu. Le voyageur s'éloigne ; et voilà qu'un nuage L'oblige de clierclier retraite en quelque lieu. Un seul arbre s'offrit, tel encor que l'orage Maltraita le pigeon en dépit du feuillage. L'air devenu serein, il part tout morfondu. Sèche du mieux qu'il peut son corps chargé de pluie ; Dans un champ à l'écart voit du blé répandu, Voit un pigeon auprès : cela lui donne envie ; Il y vole, il est pris : ce blé couvroit d'un lacs

Les menteurs et traîtres appâts.

Le lacs étoit usé ; si bien que, de son aile, De ses pieds, de sou bec, l'oiseau le rompt enfui : Quelque plume y périt; et le pis du destin Fut qu'un certain vautour à la serre cruelle Vit notre malheureux, qui, traînant la lîcelle Et les morceaux du lacs qui l'avoit attrapé,

Sembloit un forçat échappé.

Le vautour s'en alloit le lier^, quand des nues Fond à son tour un aigle aux ailes étendues. Le pigeon profita du conflit des voleurs. S'envola, s'abattit auprès d'une masure,

I Terme de fauconnerie, qui a ici une exactitude rig^oureuse. « Lier se dit lorsque le faucon enlève en l'air sa f proie dans ses serres, ou lorsque l'ayant assommée il la u lie de ses serres, et la tient à terre. » Langlois , Dictionnaire des chasses^ 1739, in-!2, p. 117.

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