‹ Fables (volume 4)Chapitre 60 sur 149 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

FABLE VII

LA SOLIILS MKTAMORPIIOSKK KN FILLK.

Tue souris tomlja du bec d'un dial-liuaut :

Je ne l'eusse pas ramassée; Mais un braiiiin le fit : je le crois aisément;

Cliaque pays a sa pensée.

La souris éloit fort froissée.

De cette sorte de prochain Nous nous soucions peu; mais le peuple Lraniiii

La traite en frère. Ils ont en (ote

Que notre anie, au sortir d'un roi, Entre dans un ciron , ou dans telle autre bélc Qu'il plaît au Sort : c'est là l'un des points de leur loi. Pythagorc chez eux a puisé ce mystère.

Sur un tel fondement, le liramin crut bien faire De prier un sorcier (pi'il logeât la souris Dans un corps qu'elle eût eu pour hôte au temps jadis.

Le sorcier en fit une fille De l'âge de quinze ans, et telle et si gentille Que le fils de Priam pour elle auroit tenté Plus encor qu'il ne fit pour la grecque beauté. Le bramin fut surpris de chose si nouvelle.

Il dit à cet o))jct si doux :

Vous n'avez qu'à choisir; car chacun est jaloux

De l'honneur d'être votre époux.

En ce cas je donne, dit-elle,

Ma voix au plus puissant de tous.

Soleil, s'écria lors le braniin à genoux,

C'est toi qui seras notre gendre.

INon, dit-il, ce nuage épais Est plus puissantque moi , puisqu'il cache mes traits ;

Je vous conseille de le prendre, lié bien! dit le bramin au nuage volant, Es-tu né pour ma fille? — Hélas ! non ; car le vent Me chasse à son plaisir de contrée en contrée : Je n'entreprendrai point sur les droits de Borée.

Le bramin fâché s'écria :

() vent, donc, puisque vent y a,

Viens dans les bras de noîre belle î Il accouroit : un mont en chemin l'arrêta.

L'éteuf ^ passant à celui-là , Il le renvoie, et dit : J'auiois une querelle

Avec le rat ; et l'offenser Ce seroit être fou, lui qui peut me percer.

Au mot de rat, la demoiselle

Ouvrit l'oreille: il fut l'époux.

Un rat! un rat : c'est de ces coups

Qu'Amour fait; témoin telle et telle.

' La J)alle. On nomme éleuf Vx balle tlu jeu tic longue paume.

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