PHILÉMON ET B AU CI S — \T
Les animaux périr ! car encor les humains,
Tous avaient dû tomber sous les célestes armes :
Baucis en répandit en secret quelques larmes.
Cependant l'humble toit devient temple, et ses murs
Changent leur frêle enduit aux marbres les plus durs.
De pilastres massifs les cloisons revêtues
En moins de deux instants s'élèvent jusqu'aux nues;
Le chaume devient or, tout brille en ce pourpris' :
Tous ces événements sont peints sur le lambris.
Loin, bien loin les tableaux de Zeuxis et d'Apelle* !
Ceux-ci furent tracés d'une main immortelle.
Nos deux époux surpris, étonnés, confondus.
Se crurent, par miracle, en l'Olympe rendus.
Vous comblez, dirent-ils, vos moindres créatures :
Aurions-nous bien le cœur et les mains assez pures
Pour présider ici sur les honneurs divins,
Et, prêtres, vous offrir les vœux des pèlerins?
Jupiter exauça leur prière innocente.
Hélas ! dit Philémon, si votre main puissante
Voulait favoriser jusqu'au bout deux mortels,
Ensemble nous mourrions en servant vos autels
Clothon ferait d'un coup ce double sacrifice ;
D'aM'M I w>aÉii ji'ndy>l''yswd'i-aiientT»n ^mi^ et tristc^office ;
Je ner|>ieorerais point ceUe-oi^ ni ses yâax. "
Ne troubleraient non plus de leurs larmes ces lieux.
JupitPr%**ce vœu fut encoi-favorabte.
Mais oserai- >e direx^«*ia«t-'presque incroyable?
Un jour qu'assis tous deux dans le sacré parvis
Ils contaient cette histoire aux pèlerins ravis,
La troupe à l'entour d'eux debout prêtait l'oreille ;
Philémon leur disait : Ce lieu plein de merveille
N'a pas toujours servi de temple aux immortels :
Un bourg était autour, ennemi des autels.
Gens barbares, gens durs, habitacle d'impies ;
Du céleste courroux tous furent les hosties".
Il ne resta que nous d'un si triste débris*.
Vous en verrez tantôt la suite en nos lambris,
Jupiter l'y peignit. En contant ces annales,
Philémon regardait Baucis par intervalles ;
Elle devenait arbre et lui tendait les bras :
I. Enceinte, enclos. — 2. Peintres célèbres de l'antiquité. — 3. Victimes. — 4. Ruine.