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LIVRE VIII. FABLE III

Alléguer l'impossible aux rois, c'est un abus.

Celui-ci parmi chaque espèce .Manda des médecins : il en est de tous arts. Médecins au lion viennent de toutes parts ; De tous côtés lui vient des donneurs de recettes.

Dans les visites qui sont faites Le renard se dispense, et se tient clos et coi. Le loup en fait sa cour, daube S au coucher du roi. Son camarade absent. Le prince tout à Theure Veut qu'on aille enfumer renard dans sa demeure. Qu'on le fasse venir. 11 vient, est présenté ; Et sachant que le loup lui faisait cette affaire : Je crains, sire, dit-il, qu'un rapport peu sincère

Ne m'ait à mépris imputé

D'avoir différé cet hommage ;

Mais j'étais en pèlerinage.

Et m'acquittais d'un vœu fait pour votre santé.

Même j'ai vu dans mon voyage Gens experts et savants ; leur ai dit la langueur Dont votre majesté craint à bon droit la suite. \

Vous ne manquez que de chaleur ;

Le long âge en vous l'a détruite :

D'un loup écorcbé vif appliquez-vous la peau

Toute chaude et toute fumante :

Le secret sans doute en est beau

Pour la nature défaillante.

Messire loup vous servira,

S'il vous plaît, de robe de chambre.

Le roi goûte cet avis-là.

On écorche, on taille, on démembre Messire loup. Le monarque en soupa

Et de sa peau s'enveloppa.

Messieurs les courtisans, cessez de vous détruire ; Faites, si vous pouvez, votre cour sans vous nuire ; Le mal se rend chez vous au quadruple du bien.

* Mot qui équivaut à une locution actueUement en usage : iof. ber sur quelqu'un, pour : médtre de quelqu'un.

jyGoOQle

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