‹ FablesChapitre 210 sur 343 · LIVRE VIII. FABLE XX · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. FABLE XX

Que sert à vos pareils de lire incessamment?

Ils sont toujours logés à la troisième chambre «, Vêtus au mois de juin comme au mois de décembre. Ayant pour tout laquais leur ombre seulement.

La républicjue a bien affaire

De gens qui ne dépensent rien !

Je ne sais d'homme nécessaire Que celui dont le luxe épand beaucoup de bien. Nous en usons, Dieu sait î notre plaisir occupe L'artisan, le vendeur, celui qui fait la jupe, Et celle qui la porte, et vous, qui dédiez

A messieurs les gens de finance

De mauvais livres bien payés.

Ces mots remplis d'impertinence

Eurent le sort qu'ils méritaient.

L'homme lettré se tut, il avait trop à dire.

La guerre, le vengea bien mieux qu'une satire. Mars détruisit le lieu que nos gens habitaient :

L'un et l'autre quitta sa ville.

' L'ignorant resta sans asile :

11 reçut partout des mépris \.

L'autre reçut partout quelque faveur nouvelle.

Gela décida leur querelle.

Laissez dire les sots ; le savoir a son prix.

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