PREFACE XIII
force. Son père s'opposa à cette union qui ne convenait ni à la fortune ni à l'âge du jeune étourdi, et il le rappela auprès de lui pour l'attacher de nouveau au duc de Penthièvre, en qualité de son gentilhomme, cette fois, place quil avait d'abord refusée en disant « qu'il y avait trop longtemps qu'il était laquais (^c'est-à-dire page) pour devenir valet de chambre. )>
C'est ici que va commencer la vie littéraire de Florian. Nous sommes arrivés au moment où, fixé auprès du duc de Penthièvre et séjournant avec lui tantôt à Paris, tantôt à Sceaux ou au château d'Anet, il va pouvoir se livrer à peu près exclusivement à la culture des lettres, attendu que le prince, à qui sa société plaisait infiniment, lui avait accordé la faveur spéciale de rester à ses côtés sans nuire à son service militaire, lequel continuait de compter comme s'il eiùt été au régiment.
Il n'avait encore rien publié, ce qui ne veut pas dire qu'il n'eiÀt rien composé. Il avait en portefeuille tout un arsenal poétique : madrigaux, épigrammes, romances, menues bluettes qu'on débite à voix basse, en petit comité, à la dérobée, et par lesquelles débutent d'ordinaire ceux qua touchés l'étincelle sacrée et