XIV PREFACE
qui cherchent leur voie. Il avait en outre, à Vétat d'ébauches, quelques comédies, plusieurs de ces arlequinades ingénieuses qui suffiraient à lui assurer un nom, tant il sut rendre intéressant et pathétique, tant il sut rajeunir ce genre de littérature abandonné jusque-là aux tréteaux de la foire, et qu'il introduisit dans les salons les plus somptueux.
Souvent il prenait un rôle dans ces petits tableaux d'intérieur et jouait très agréablement son personnage. « C'était chez le comte d'Argental, rapporte M. Lacretelle, que le chevalier de Florian jouait le plus souvent la comédie de société. Il avait été facile à Vélèvede Voltaire d'obtenir l'amitié d'un vieillard qui vivait pour aimer, pour obliger et pour défendre son illustre ami. »
Une correspondance particulière qui nous a été communiquée il y a quelques années et dont nous avons publié les parties saillantes dans un volume '^ nous a fait connaître que Florian était attiré en outre dans les salons du comte d'Argental par sa sympathie pour M'"^ de Vimeux, femme charmante et distinguée, qui, élevée par les soins de M"^^ d'Argental, devint sa lectrice., sa dame de compagnie et plus tard le secrétaire de son mari. Elle cultivait aussi la poésie et
1. V. Grandes Dames et Pécheresses. Études d'histoire et de mœurs au XYlIl^ siècle. Paris, i883, Charavay frères. I vol. in-i8.