XII PREFACE
ment atteinte. Il est un âge, pour certaines organisations, où les difficultés de la vie sont un jeu, un excitant, une espèce de ragoût savoureux et pimenté qui aiguise l'appétit. C'est l'imprévu, c'est la chose nouvelle, et l'on y trouve du pittoresque, de la poésie, presque l'attrait du fruit défendu. Or, Florian avait une de ces organisations ; et l'on aurait une idée fort inexacte de son caractère si on le jugeait d'après la sensibilité, la mélancolie douce et émue qui respire dans ses écrits. Il était foncièrement enjoué, et sa philosophie aimable et souriante lui faisait toujours envisager les choses du côté plaisant. M. Lacretelle, qui l'avait connu personnellement, a dit qu'il « avait le privilège d'inspirer partout la joie par ses bons mots, ses contes et ses chansons... Point de langueur avec lui ; il faisait la guerre aux longues et tristes discussions par ses saillies et quelquefois même par ses jeux d'enfant ' . >•>
D'ailleurs, au cas particulier, il trouva dans son père un ami, un mentor qui le conseilla, l'arma contre lui-même, et qui lui obtint une compagnie dans le régiment Penthièvre, alors en garnison à Maubeuge. Mais là il fit encore des siennes ; sa tête n'avait pas eu le temps de mûrir probablement, et il s'amouracha d'une jolie chanoinesse qu'il voulait épouser à toute
I . Éloge de Florian, placé en tête des Œuvres complètes de Florian, édition Briand, 1824. i3 vol. in-S*',