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L'ENFANT ET LE DATTIER

Non loin des rochers de l'Atlas, Au milieu des déserts, où cent tribus errantes Promènent au hasard leurs chameaux et leurs tentes, Un jour, certain enfant précipitoit ses pas. C'étoit le jeune fils de quelque musulmane

Qui s'en alloit en caravane :

Quand sa mère dormoit, il couroit le paj^s. Dans un ravin profond, loin de l'aride plaine.

Notre enfant trouve une fontaine; Auprès, un beau dattier, tout couvert de ses fruits. « Oh! quel bonheur! dit-il, cesdattes, cette eau claire, M'appartiennent; sans moi, dans ce lieu solitaire.

Ces trésors cachés, inconnus,

Demeuroient à jamais perdus.

Je les ai découverts, ils sont ma récompense. » Parlant ainsi, l'enfant vers le dattier s'élance Et jusqu'à son sommet tâche de se hisser.

L'entreprise étoit périlleuse ; L'écorce, tantôt nue et tantôt raboteuse, Lui déchiroit les mains ou les faisoit glisser. Deux fois il retomba; mais, d'une ardeur nouvelle,

Il recommence de plus belle.

Et parvient enfin, haletant,

A ces fruits qu'il désiroit tant.

Il se jette alors sur les dattes.

Se tenant d'une main, de l'autre fourrageant, Et mangeant

Sans choisir les plus délicates.

Tout à coup voilà notre enfant

Qui réfléchit et qui descend.

Il court chercher sa bonne mère,

Prend avec lui son jeune frère.

Les conduit au dattier. Le cadet, incliné,

S'appuyant au tronc qu'il embrasse,

Présente son dos à l'aîné ;

L'autre y monte, et de cette place.

Libre de ses deux bras, sans efforts, sans danger, Cueille et jette les fruits ; la mère les ramasse. Puis sur un linge blanc prend soin de les ranger. La récolte achevée et la nappe étant mise.

Les deux frères tranquillement.

L'ENFANT ET LE DATTIER (App.Fatlel)

APPENDICE 2o3

Souriant à leur mère au milieu d'eux assise, Viennent au bord de l'eau faire un repas charmant.

De la société ceci nous peint l'image :

Je ne connois de biens que ceux que l'on partage.

Cœurs dignes de sentir le prix de l'amitié,

Retenez cet ancien adage :

Le tout ne vaut pas la moitié.

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