XX PRÉFACE
les plus heureux. // a tout mis à contribution, il a bien fait ; il ne s'en cache pas, et c'est encore mieux. Le bon en tous les genres prédomine dans ce recueil. Vous y trouvez des fables d'un intérêt attendrissant, d'autres d'une gaieté douce et badine, d'autres d'une finesse piquante, d'autres d'un ton plus relevé sans être au-dessus de celui de la fable. Le poète sait varier ses couleurs avec ses sujets. Il sait décrire et converser, raconter et moraliser. Nulle part on ne sent l'effort, et toujours on aperçoit la mesure ^. »
A l'appui de son opinion, La Harpe cite plusieurs fables de Florian qui sont restées dans la mémoire de la plupart des lecteurs : le Danseur de corde, Don Quichotte, le Savant et le Fermier, le Singe qui montre la lanterne magique, la Pie ET LA Colombe. « Sur une centaine de fables, ajoute La Harpe, il y en a les trois quarts de très jolies ; et plusieurs sont, à mon gré, de petits chefs-d'œuvre : telles sont l* Aveugle et le Paralytique, les Singes ET le Léopard, le Savant et le Fermier, le Roi et les Deux Bergers, Don Quichotte, le Lapin et la Sarcelle, le Bonhomme et le Trésor. »
La Harpe n'a pas tout dit, et ce qu'il a passé sous silence, nous allons essayer de le dire à sa place.
I. Charles Nodier a dit des Fables de Florian « qu'elles sont un des chefs-d'œuvre du XVIII^ siècle, et un des meilleurs livres de tous les temps » .