PRÉFACE XXI
En premier lieu, il ne mentionne pas la fable de l'Éducation du lion ou plutôt du lionceau qui, voyageant sous la garde d'un bon vieux chien, pour se former l'esprit et le cœur et se rendre digne de régner un jour, voit, chemin faisant :
Les abus du pouvoir, des peuples la misère,
Les lièvres, les lapins, mangés par les renards.
Les moutons par les loups, les cerfs par la panthère,
Partout le foible terrassé,
Le bœuf travaillant sans salaire
Et le singe récompensé.
C'est là certes une des pages les plus pathétiques, les plus vibrantes, des Fables de Florian, dont La Harpe et les autres critiques, comme nous Vavons indiqué dans la Préface des Mémoires d'un jeune Espagnol, n'ont pas noté les tendances émancipatrices, les aspirations libérales, bien autrement accentuées encore que celles de La Fontaine, quoique le bonhomme ne se soit pas fait faute, à l'occasion, de lancer le trait caustique à certains axionies de droit public et même à l'autorité royale '. Cependant, parmi les fables de Florian citées par La Harpe, il s'en trouve plusieurs d'où l'esprit d'indépendance se dégage avec vigueur, par exemple celle du Roi et des Deux Bergers, celle des Singes et du Léopard.
I. Le Chat, la Belelte et le Petit Lapin; le Soleil et les Grenouilles; le Vieillard et l'Ane, etc.