‹ Fables (volume 2)Chapitre 21 sur 136 · XXVI PREFACE · texte numérisé non relu

XXVI PREFACE

cien, qu'il obtint dans les dernières années de sa vie, nous ne pensons pas que personne puisse lui en contester la légitimité, pas même Sainte-Beuve, qui veut bien reconnaître un mérite réel aux Fables et au Théâtre de Florian; mais pour tout le reste, selon notre critique, le nom de Florian n excite plus en nous qu'un « sourire de demi-dédain ».

Ce sourire du maître a grandi, il faut bien le reconnaître. Il est devenu sur les lèvres de certains littérateurs de nos jours un rictus, une espèce de grimace exprimant l'ironie et la pitié. Du reste, Florian n'est pas le seul écrivain envers lequel notre siècle se montre oublieux et ingrat. Bien d'autres sont enveloppés dans la proscription, bien d'autres sont frappés d'ostracisme. Il est de bon goût aujourd'hui, parmi une certaine classe d'hommes de lettres, d'afficher une in-

Sceaux, il m'en a beaucoup coûté. J'ai donné deux ou trois fois pour les volontaires. Galatée et EstelUj que vous avez aimées et à qui vous avez dit des douceurs dans votre jeunesse, ne peuvent plus y suffire; elles se recommandent à vous pour qu'on leur laisse au moins un jupon. Je dois vous dire que j'ai eu pendant quelque temps un pauvre cabriolet et un cheval dont je suis descendu plus doucement que Phaéton, parceque je nepouvols plus nourrir mon coursier...» Nous ne voulions donner que quelques fragments de cette lettre, mais elle y a passé à peu près tout entière, et nous croyons que le lecteur ne nous en saura pas mauvais gré. Du reste, probablement Sainte-Beuve ne la connaissait pas, et, si elle lui était connue, il l'aura écartée comme chose gênante et pouvant contrarier son opinion... du moment, ainsi que cela lui est arrivé dans d'autres circonstances.

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