PRÉFACE XXIX
échappe jusqu'ici à ses biographes, savoir, que le doux et pacifique Florian a été amené à composer des discours dans le style de l'époque et à faire publiquen\cnt l'éloge de cette même Révolution qui frappait sans pitié autour de lui, et qui finalement détruisait son propre bonheur.
A l'appui de cette assertion nous pouvons citer un discours prononcé par Florian dans la section de la Halle-au-Blé, et où on lit ce qui suit :
« Aucun obstacle dans l'univers ne peut désormais résister à cette volonté générale; aucun sacrifice ne coûte dès qu'un peuple entier le fait en commun. Ainsi les tyrans de l'Europe réunissent en vain leurs efforts pour détruire notre liberté; tous ces efforts viennent se briser contre le faisceau de la République... »
Nous citerons encore une lettre datée de Sceaux (rUnité, le 3o prairial an II) et adressée par Florian à sa tante, administratrice de l'Hôtel-Dieu de Vernon, à laquelle il dit « qu'il est charmé que ses chères cousines aient rempli si bien leur rôle à la fête de l'Être suprême, et qu'il aurait voulu les accompagner... »
Ainsi Florian, le doux chantre de la nature et des bergers, a payé son tribut de louanges à la Révolution. De pareilles nmnifestations, dictées quelquefois par les nécessités impérieuses du moment, ne tirent pas à conséquence et ne sauraient prouver ni pour ni