XXX PREFACE
contre leur auteur. Aussi n*y insisterons-nous pas, nous bornant simplement à les noter en passant. Après tout) Florian pouvait être convaincu au fond: car, comme nous l'avons dit, ami sincère de l'humanité et d'un sage progrès, il avait dû accueillir la Révolution comme une espérance, comme une promesse...
Au surplus., l'expression de ses sympathies pour le nouvel ordre de choses ne put le préserver de douloureuses épreuves. Dénoncé comme suspect, il fut arrêté et jeté dans une prison, d'où il sortit pour aller mourir dans sa retraite de Sceaux, le i 3 septembre 1794, à l'âge de trente-huit ans '.
// laissa plusieurs ouvrages inédits, et, comme suprême hommage sans doute rendu à la mémoire de
I . On trouve son acte de décès dans le Dictionnaire de biographie et d'histoire de Jal, qui l'a relevé sur les registres de l'état civil de la commune de Sceaux. Nous ferons remarquer du reste, en passant, l'erreur commise par Jal, quand il annonce que Florian eut seulement « la crainte d'être inquiété » par le gouvernement révolutionnaire, tandis qu'il fut réellement incarcéré, comme nous l'avons dit. Dans le volume précité des Œuvres inédites, on rencontre un certain nombre de lettres écrites par Florian à Boissy d'Anglas, son ami. Ces lettres sont généralement charmantes, pleines de cœur et d'esprit. Deux d'entre elles surtout méritent d'être recueillies et conservées : l'une a été écrite au moment même de l'incarcération de Florian; l'autre, immédiatement après sa mise en liberté, à laquelle Boissy d'Anglas, paraît-il, avait puissamment contribué.