‹ Fables (volume 2)Chapitre 3 sur 136 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

jeunesse, souvent fort embarrassées de comprendre, de goûter dans toute sa saveur le langage hybride de La Fontaine, lequel est semé de mots tombés en désuétude et détours surannés. AvecFlorian, aucune obscurité, aucune équivoque n'est possible ; tout est simple, limpide, transparent, saisissable : il est plus près de nous. C'est le langage éminemment français, avec sa logique implacable, sa saine raison et dans toute sa pureté. Il est juste de reconnaître, d'ailleurs, que si La Fontaine domine Florian de toute la hauteur de son génie, ce dernier a pour lui l'incontestable avantage de n^avoir jamais donné prise à la critique au point de vue de la portée, de la moralité de ses Fables.

Le mieux est, d'ailleurs, de reconnaître que La Fontaine et Florian peuvent marcher de front dans nos sympathies sans se nuire l'un à l'autre ; qu'ils ont chacun un mérite personnel, une grâce naïve et pénétrante, un charme sui generis. Bornons-nous donc à jouir de ces délicieux poètes, — collaborateurs plus que compétiteurs, amis plus que rivaux, — sans nous livrer entre eux à des comparaisons subtiles, à des parallèles sentencieux, qu'il faut laisser aux rhéteurs et aux pédants.

Mais renwntons quelque peu aux premières années de Florian, ainsi qu'à celles de sa jeunesse, dont nous allons tâcher de retracer, le plus succinctement possible, les traits saillants, les lignes principales, n'ayant

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