VIII PREFACE
ches couleurs : « ... Je veux célébrer ma patrie j je veux peindre ces beaux climats oii la verte olive, la mûre vermeille, la grappe dorée, croissent ensemble sous un ciel toujours d'azur ; où, sur de riantes collines semées de violettes et d'asphodèles, bondissent de nombreux troupeaux ^ où enfin un peuple spirituel et sensible, laborieux et enjoué, échappe aux besoins par le travail et aux vices par la gaieté... »
On se prend à rêver en lisant ces lignes. L'imagination se détache un instant de la société telle que la civilisation est en train de la faire autour de nous, et Von s'élance par la pensée dans ce monde de convention oii, selon nos premiers pères, on trouvait la paix, l'innocence et le bonheur, mais où ils arrivaient toujours trop tard pour en jouir, chaque siècle ayant chanté tour à tour /'âge d'or, sans l'avoir jamais rencontré.
Quoi qu'il en soit, les lieux pittoresques qui encadrèrent le berceau de Florian lui laissèrent une impression vive et profonde ; ils développèrent, ils fécondèrent en lui le germe poétique que la nature y avait déposé, et à toutes les heures de sa vie il se plut à en rappeler le souvenir. C'est ainsi que plus tard, entouré alors de luxe et d'éclat et goûtant toutes les jouissances d'aniour-propre qu'il trouvera auprès du duc de Penthièvre, son bienfaiteur, il exprimera le désir de reposer, après sa mort, sous le grand alisier de son village, où les jeunes bergères se rassemblent