X PREFACE
épousé une des nièces de Voltaire, le présenta bientôt à ce dernier, qui fut ravi de sa gaieté vive et franche, de sa grâce naturelle, et lui donna le sobriquet de Floriaiiet, lequel le peint mieux que celui de Pulcinello que lui donna plus tard le duc de Penthièvre. Voltaire poussa la complaisance pour son « cher espiègle » jusquà l'aider en cachette à composer ses thèmes, que le père Adam, — l'aumônier du lieu, — s'étonnait de trouver excellents. Au surplus, Florian rencontra à Ferney M"^ Clairon, qui se plut à lui faire répéter, — vêtu en berger avec houlette et chapeau enrubanné, — des bouts de rôles de comédies et le combla de douceurs et de caresses, ce qui, bien qu'il n'eût quune dizaine d'années, le rendit rêveur. Car il faut savoir que l'heure des passions tendres sonna promptement dans le cœur de ce doux chantre de la nature. Nous avons dit ailleurs ■ que son adolescence n'a pas été celle d'un petit saint, et que le jeu, les duels, les aventures galantes, partagèrent ses premières années.
Admis, à l'âge de treize ans, dans les pages du duc de Penthièvre, emploi pour lequel il avait été trouvé d'abord trop petit de taille, mais où il fut a pris à l'essai, comme un cheval de cabriolet », ditil en plaisantant , il en sortit deux ans après pour entrer à l'école d'artillerie de Bapaume, — car il se