‹ Fables (volume 2)Chapitre 8 sur 136 · PREFACE XI · texte numérisé non relu

PREFACE XI

destinait alors à Vctat militaire, — et ce fut là le théâtre de ses premières prouesses, ce qui lui fît dire avec orgueil : « A dix-sept ans fêtais assez heureux pour posséder une maîtresse, un coup d'épée et un ami ! »

Cet anii était un certain Estevan, élève de Vécolc comme lui, espèce de sacripant de bon ton, un aimable vaurien qui partageait toutes ses folies, et dont il est fort question dans les Mémoires d'un jeune Espagnol.

Du reste, l'école de Bapaume, composée en général de jeunes gens gais, spirituels, mais emportés par la fougue de l'âge et se livrant à toutes les extravagances, devint bientôt un foyer d'indiscipline, et le gouvernement fut obligé de la fermer.

On ne peut s'empêcher de sourire quand on pense que c'est d'un pareil milieu qu'est sortie la chaste muse qui devait chanter plus tard les amours (/'Estelle et de Galatée ! // semble voir une blanche colombe s'échappant d\in nid de vautours, en secouant ses ailes. Bref, V école fermée, les élèves furent renvoyés dans leurs familles, et Florian partit en emportant pour sa part cette note aussi éloquente que laconique : a Tapageur, ayant besoin de mûrir sa tête. ))

Voilà donc notre jeune homme mis hors de combat dès le début de sa carrière et fort peu rassuré sur son avenir. Mais sa gaieté naturelle n'en fut nulle-

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