XIII. LES ARBRES
Des arbres, jusqu'au ciel portant leur tête altière, D'un frêne rabougri se raillaient sans pitié ; Survint le bûcheron qui les jeta par terre.
Le frêne humble et tortu seul demeura sur pied.
Trois jouvenceaux bien faits, à leur gaîté caustique, Aux dépens d'un boiteux, donnaient un libre essor ; Tous trois, bon gré, mal gré, partirent pour l'Afrique, Ils y furent tués ; le boiteux vit encor.
Que prouve, dira-t-on, ce conte ou cette histoire ? Qu'il est avantageux d'être infirme ou mal fait ? Tel n'en est pas le but, lecteur, tu peux m'en croire : La force, la beauté, du ciel sont un bienfait.
Mais je dis, en passant, aux heureux de ce monde, Qu'outrager la faiblesse est une impiété.