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LIVRE IV

D'un cabaret un chien hargneux s'élance,

Qui jappe, gronde et derrière lui court.

Sans s'émouvoir de l'attaque subite,

Sans s'arrêter, sans lever son bâton,

D'un pas égal, le tranquille piéton

Poursuit sa route... et le chien rentre au gtle.

L'instant d'après, passe un page hardi.

Cheveux crépus, œil vif, moustache blonde,

Type d'espiègle et de franc étourdi.

Du cabaret le chien sort, jappe et gronde.

Résolument mon beau page aussitôt

Se met en garde et tigpt tête au clabaud :

De sa cravache il l'excite, il l'agace.

Et, lui lançant les pierres qu'il ramasse.

Veut le contraindre à rentrer dans son fort.

Enfin le chien, que sans relâche il presse,

Sur lui s'élance, en hurlant do détresse,

Et furieux à la jambe le mord.

Aux cris perçants que pousse alors le page,

Des écoliers, qui prenaient leurs ébats,

— Et de ceux-là qu'attire le tapage, —

Sont accourus ot de rire aux éclats.

Notre héros, bafoué do la sorte,

Pour les frapper déjà lève le bras,

Ms(is contre lui la partie est trop forte;

A la tempête il voit qu'il faut céder,

S'il ne veut pas se faire lapider.

Tout boiteux donc il part ; et la cohue.

Qui se grossit en son chemin, le hue;

Et, pour surcroît, tous les chiens de la ruo,

Qu'il n'ose plus cette fois châtier,

En le suivant ne cessent de crier.

Un sage enseignement sous ma fable se cache : L'invective à la bouche et la pierre à la main, Si jamais aboyeur à te suivre s'attache, Ami, n'y prends pas garde et passe ton chemin.

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